7 mars 1765 : Nicéphore Niépce, le père de la photographie


Cette semaine, nous commémorons la naissance d’un inventeur reconnu comme le pionnier d’un art universel entre tous. Une paternité qui fut néanmoins longue à lui être attribuée…

Un révolutionnaire loin des clichés

Joseph Niépce voit le jour ce 7 mars… 1765 dans une famille aisée de la bourgeoisie bourguignonne. Son père est avocat et, comme son grand-père, conseiller du roi Louis XV. Après des études chez les oratoriens, il se destine dans un premier temps à la prêtrise… avant de s’orienter vers la traîtrise ! La Révolution française vient en effet tout chambouler. Malgré ses antécédents familiaux, il est partisan de l'abolition de l'ancien régime. Il rejoint la Garde nationale et s’engage dans l’armée révolutionnaire, choisissant de se faire appeler Nicéphore, vraisemblablement en hommage à un patriarche de Constantinople du IXème siècle, fervent défenseur des… images. Mais des problèmes de santé, en particulier oculaires, le forcent à perdre de vue cette carrière en 1794. Il s’installe à Nice, où il épouse la fille de sa logeuse qui lui donnera deux enfants, avant de repartir s’établir avec eux en 1801 dans la propriété familiale de Saint-Loup-de Varennes, près de Chalon-sur-Saône.

Avec son frère Claude, dont il est très proche et qui est tout aussi passionné que lui de physique-chimie, il met alors au point un moteur à combustion interne, le Pyréolophore, breveté en 1807. Précurseur du diesel, il fonctionne par la dilatation de l'air générée par l'inflammation brutale d'un combustible. Malheureusement, ils ne parviennent pas à obtenir les financements nécessaires à son exploitation. Mais ils n’en continuent pas moins leurs expérimentations, mettant au point un nouveau combustible, l'huile de pétrole blanche, sorte de kérosène, et inventant le principe du moteur à injection ! C’est également ensemble qu’ils élaborent en 1807 un projet de pompe hydraulique pour remplacer celle qui alimente en eau le château de Versailles. Ils s’intéressent aussi, entre autres, au textile, développant la culture du pastel pour en tirer un colorant susceptible de remplacer l'indigo, sacrifié sur l’autel de la guerre avec l’Angleterre, et celle de l'asclépias de Syrie, substitut du coton.

Le vrai maton de la photo

Suite au départ de Claude en Angleterre, Nicéphore se lance seul dans un nouveau champ de recherches qui le passionne depuis des années : la fixation des images. Il parvient ainsi, en mai 1816, à l’aide d’une chambre noire – autre de ses inventions - et d’un papier enduit de chlorure d'argent, à produire le négatif d'une vue prise d’une fenêtre, qu'il ne parvient malheureusement pas à fixer, le résultat noircissant à la lumière. Loin de se décourager, il recourt en 1822 au bitume de Judée, une substance noire qui a pour particularité de blanchir et de devenir insoluble une fois impressionnée par la lumière : il en enduit une plaque de cuivre qu’il expose pendant huit heures et traite dans sa chambre noire avant de la plonger dans de l’essence de lavande, qui fait office de solvant, les parties sans bitume étant attaquées par un acide. Il obtient ainsi, par ce procédé qu’il baptise Héliographie, une image en relief et en 1827, ce qui est considéré comme la toute première photographie : une vue prise d'une fenêtre du grenier de sa maison et restée dans l’Histoire sous le nom de Point de vue du Gras. Entre autres inventions liées à la photographie, on lui doit aussi la chambre coulissante, le diaphragme à iris et une chambre munie d'une bobine pour l'enroulement du papier sensible.

En 1829, il s’associe avec Louis Jacques Mandé Daguerre, un peintre décorateur également passionné par la recherche autour des images. Malheureusement, il meurt subitement quatre ans plus tard, le 5 juillet 1833, d'une hémorragie cérébrale, lourdement endetté et sans être parvenu à intéresser grand monde à son invention… Daguerre reprend alors à son compte ses expériences et réussit à développer puis à fixer des images photographiques, rencontrant ainsi une célébrité qui n’aurait pas été possible sans les travaux de Nicéphore Nièpce dont le rôle fut longtemps négligé, voire ignoré. Ce n’est que relativement récemment que la paternité de la photographie lui a été rendue.

Source : Larousse.fr

"- Voulez-vous me prendre en photo avec mon chapeau ?
- Ce serait plus facile avec un appareil photo !"
– Philippe Geluck